En prélude à l’organisation de la deuxième synode des évêques, deux jours de préparation spirituelle sont organisés par les responsables de l’église catholique sous l’autorité du pape François. En cette occasion, l’église a demandé pardon au monde, et particulièrement à la jeunesse pour sept péchés commis dans son histoire. Elle prétend en ce sens reconnaître ses erreurs pour être crédibles dans sa mission. Sept péchés de l’Église ont ainsi été désignés : « le manque de courage dans la recherche de la paix entre les nations, le non-respect de la création, la dignité bafouée des peuples autochtones et des migrants, les abus de toutes sortes, le non-respect de la dignité de la femme, la vanité de l’Église qui néglige les plus pauvres de la société, et enfin l’endoctrinement et le pouvoir au sein de l’Église.
Le pape François a ainsi demandé pardon pour ce qu’il a qualifié ce mardi premier octobre 2024 de 7 péchés de l’Église.
C’est en ce sens une demande de pardon inédite qui a été prononcée dans la basilique Saint-pierre de Rome. Le texte des sept péchés de l’église a été lu par sept évêques, chacun se penchant sur une offense.
D’abord, le péché contre la paix suivi du péché contre la création, contre les peuples indigènes et contre les migrants.
Le cardinal Michael Czerny :
«Nous avons été complices des systèmes qui ont soutenu l’esclavage et le colonialisme» il a demandé pardon pour l’indifférence de l’église face à la tragédie des migrants.
Vient ensuite un sujet sensible pour l’église catholique, le péché d’abus : « nous avons utilisé le statut de la vie consacrée pour commettre ce terrible péché, a martelé le cardinal Sean Patrick O’malley très impliqué dans la lutte contre la pédophilie. .
L’église s’est également identifiée comme responsable de la pauvreté dans le monde. Le péché contre la pauvreté a quant à lui été expliqué par le cardinal Cristobal Lopez Roméo qui a rappelé que « l’église à souvent été séduite par le pouvoir en détournant son regard des plus démunis ». Pour la première fois, le péché contre la femme a été formulé en se référant aux abus subis par des religieuses en Afrique et en Asie : « je demande pardon au nom de toute l’Église pour toutes les fois où nous n’avons pas reconnu ou défendu la dignité des femmes ».
Les deux derniers péchés semblent plus novateurs, selon le journal « le Figaro ». D’une part, le péché de la doctrine utilisée comme des pierres à jeter a été explicité par le cardinal Victor Manuel Fernández comme l’instrumentalisation de la doctrine pour justifier des traitements inhumains. Enfin le péché contre la synodalité s’attaque à la tendance de l’église à défendre les idéologies qui bénissent la communion de tous dans le Christ.
Que dire alors ?
« Nous autres, civilisations, nous croyons maintenant que nous sommes mortelles »
Paul Valéry n’a jamais été aussi présent qu’aujourd’hui à un moment où ce sont les propres tenants du système qui s’avouent vaincus mais qui, dans un élan d’intelligence cherchent une rhétorique de transcendance pour asseoir un autre pouvoir de commandement des siècles à venir.
Emmanuel Macron a tenté un tel exercice en Afrique et la présence française sur le continent en payant les factures au sahel.
Michael Gorbatchev a tenté d’humaniser le système soviétique après toutes les exactions que nous avons connues et qui ont eu lieu partout en URSS, particulièrement dans les camps de concentration où les droits humains ne pouvaient même pas entrer dans la littérature politique du régime, cela a débouché sur ce que Vladimir Poutine appelle « le plus grande catastrophe » de l’histoire contemporaine. Aujourd’hui, avec les sept pardons de l’église, est-on en train de suivre une fin des temps peu ordinaires ?
L’église n’a pas à demander pardon. Le mot pardon a lui-a été inventé et même habillé de sens par l’église elle-même. Dans sa philosophie, celui qui demande pardon sera pardonné et restauré dans sa vie, une façon de reproduire le système avec de nouveaux acteurs afin que tout changement pour que rien ne change.
Après une période plusieurs fois séculaires de dogmes imposés par l’église pour stabiliser la société par l’apaisement la soumission, il est venu le moment où le système de valeurs ne peut plus se reproduire puisqu’aujourd’hui la pensée du monde est en chute libre. Personne n’en a désormais le monopole. L’universalité des valeurs est en train de céder à une diversité qui ne se définit pas à cause des exigences anarchisantes de la laïcité. L’église, gardienne des valeurs du système s’est vu détrônée sans s’en rendre compte au préalable à cause des dogmes qui l’empêchaient de s’actualiser et de se mettre à jour. L’église a beau se battre pour imposer son système depuis la renaissance et les guerres de religion qui l’ont divisée. Loin de à s’ajuster, elle a préféré accepter un partage des territoires possédés, conquis et/ou acquis pour que le pouvoir politique règne comme avant sans changer le mode de reproduction ni le dynamisme interactif des idées. La puissance politique et économique de l’Europe repose sur L’église catholique dans ses versions anglicane et apostolique romaine alors qu’elle cède au protestantisme les États-Unis de l’Amérique du Nord. Ces trois versions du christianisme, quoique un peu disparate, convergentes vers un seul et même objectif : la tenue et l’exercice du pouvoir en faveur d’une oligarchie. L’église à toujours été gardienne du statu quo.
La difficulté du monde à aboutir à une paix réelle et durable a provoqué plusieurs centaines de millions de morts à travers le monde. La paix des frontières est l’une des initiatives les plus primordiales auxquelles l’église devrait s’attacher. » Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! » Matthieu 5v9.
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde donné. Que votre cœur ne se trouble pas et ne se laisse pas effrayer. Jean 14 v 27.
Quand l’église bénit les armées qui s’en vont tuer d’autres humains en envahissant leurs frontières terrestres, aériennes et maritimes, elle participe à ce sens aux crimes organisés. Le crime est alors un huitième péché que la sagesse du pape François devrait ajouter à la liste. Le premier génocide de l’histoire contemporaine a eu lieu sur la terre de Ayiti Quesquiya et Bohio à cause des envahisseurs espagnols bénis par l’église catholique apostolique romaine. Ils sont arrivés en 1492. Dix ans plus tard, en 1502 sous le gouvernement de Nicholas Ovando, ces indiens de cette partie du continent furent exterminés. Un prêtre catholique nommé Las casas à proposé la traite des noirs sur le continent africain. L’église à toujours été présente dans presque tous les territoires conquis pour justifier le système d’exploitation de l’homme par l’homme. Des gens qui se sont vus détachés de leur famille pour toujours, possédant sur a enlevé l’identité, le nom de famille et tout sous le regard actif de L’église qui les baptise malgré eux dans le catholicisme européen.
Que de civilisations se sont vues détruites ! Que de morts !
Aujourd’hui, les partis politiques d’extrême-droite se plaignent des populations migrantes et de leurs conséquences sur la vie économique des Pays du Nord. Cependant, ils ne se sont pas des plaines des richesses migrantes. Ce ne sont pas les hommes du sud global qui ont migré à l’extérieur. Leurs richesses y ont migré avant eux. Au contraire, les migrants ne font que suivre leurs richesses en terre étrangère. C’est la richesse des pays exploités qui fait le bonheur des pays enrichis. Quand, avec la complicité de L’église et de l’armée, des pays envahissent d’autres pays et s’empare de leurs richesses. Ces derniers ne pourront plus utiliser leurs propres moyens pour se développer surtout lorsque l’on sait que tout à ete mis en œuvre pour éviter toute conception d’un modèle de développement socio-économique propre à leur culture et à leur identité.
L’autre grand crime de L’église, c’est d’arriver à sataniser tout système de représentation, toute expression culturelle qui ne se rapproche pas du modèle européen de l’époque.
À cause du système dogmatique imposé dans leur société, il n’était pas permis à quiconque de mettre en question les idées de L’église sous la menace d’un enfer.
L’africain qui a été déporté de son territoire s’est vu déshumanisé par un code noir librement accepté par l’église, gardienne des valeurs de l’époque.
Le mot pardon est beaucoup plus familial et peut recevoir un accueil un peu douteux chez celles et ceux qui ne croient pas ou plus dans les valeurs pronées par l’institution ecclésiale.
L’église est donc au bout du tunnel.
Son naufrage mettra-t-il en question ou débouchera-t-il sur l’inexistence totale de Dieu, tout-puissant, trois fois saint, présent dans sa sainte trinité et dans l’immensité de son amour ?
Le naufrage de L’église lui permettra-t-il de se refaire le visage ?
L’église peut-elle concevoir et proposer un autre modèle de société tout en restant dans le dogmatisme qui faisait sa force et lui donnait son autorité ?
La société elle-même peut-elle se reproduire et garder sa stabilité sans un autre système de valeurs pensé, accepté et adopté ?
De quoi la morale de ce monde sera faite ?
La morale sera-t-elle désormais remplacée par l’éthique ou par le bon sens ?
De la conjoncture que nous vivons aujourd’hui se dégage un parfum d’apocalypse. L’ordre véritable peut-il naître du chaos ?